SurgeID : un nouveau standard pour enregistrer et analyser l’activité chirurgicale

Il est 17h. Après plusieurs heures au bloc et plusieurs interventions, le chirurgien quitte la salle d'opération. Son patient a été pris en charge. Mais une autre tâche l'attend encore : reconstruire ce qu'il vient de faire pour documenter son activité. C’est le soutien qu’offre SurgeID, une plateforme de documentation opératoire qui va plus loin qu’une simple saisie.

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Un problème à l’échelle de toute la chirurgie

8’000 chirurgiens et 1 million d’actes chirurgicaux

En Suisse, plus de 8’000 médecins chirurgiens exercent dans différentes disciplines, allant de la chirurgie générale à l’orthopédie ou à la neurochirurgie. Ils font partie des quelque 42’600 médecins en activité dans le pays (source : fmh.ch)

Chaque année, environ 1 million d’actes chirurgicaux sont réalisés en Suisse. Pour les chirurgiens, documenter ces interventions et leur parcours professionnel est essentiel, à l’image d’un carnet de vol. Le logbook ou catalogue opératoire constitue à la fois une obligation, une preuve de compétence et la mémoire de leur pratique.

Une documentation fragmentée

Pourtant, cette documentation reste encore largement fragmentée : fichiers Excel, Word ou PDF, feuilles volantes et photos stockées sur des smartphones personnels. Des milliers de professionnels produisent ainsi chaque année un volume considérable de données qui restent difficiles à structurer, à exploiter et à valoriser.

Le problème dépasse donc largement la simple charge administrative. Il touche à la fois la formation, la sécurité des données, le suivi des compétences et, à l’échelle des institutions, la capacité à analyser et optimiser la pratique chirurgicale.

Aller plus loin

L’enjeu de SurgeID va au-delà de la simple saisie des logs. L’objectif est de construire un socle technologique, accessible sur mobile et sur le web, qui permet de documenter une intervention en moins de deux minutes et de transformer chaque acte chirurgical en donnée structurée, sécurisée et immédiatement exploitable.

À terme, cette plateforme doit permettre de passer d’une multitude de données individuelles et hétérogènes à un standard commun de données chirurgicales, exploitable à l’échelle des institutions et, à terme, au niveau européen.

 


Le chirurgien n’a pas les mains libres

Pour comprendre comment concevoir un outil pour les chirurgiens, il faut d’abord comprendre leur environnement de travail.

Une intervention chirurgicale ne ressemble en rien à un travail de bureau. Le chirurgien peut travailler dans un ou plusieurs établissements, enchaîner plusieurs interventions dans la même journée et alterner entre activité opératoire, consultations, formation et responsabilités administratives. Au bloc, son attention est entièrement mobilisée par le patient et par l’intervention en cours.

Une fois habillé et entré en salle d’opération, tout est pensé pour préserver la stérilité et la concentration : tenue chirurgicale, gants, masque ou casque, instruments stériles et procédures précises. Ce n’est ni le moment ni l’endroit pour remplir un formulaire.

Pourtant, c’est précisément à ce moment que l’information la plus importante est produite.

Avant l’intervention

Le programme opératoire définit les interventions prévues, les patients et l’organisation de la journée. Le chirurgien sait ce qu’il doit opérer, mais l’information nécessaire au suivi de son activité est souvent dispersée entre plusieurs systèmes et documents.

Pendant l’intervention

Le chirurgien opère. Il prend des décisions, utilise différentes techniques, travaille avec son équipe et fait face aux particularités de chaque patient. Son objectif n’est pas de documenter son activité : son objectif est de soigner.
L’outil doit donc disparaître au second plan. Il ne peut pas interrompre le geste, détourner l’attention ou imposer une saisie pendant l’intervention.

Après l’intervention

C’est à ce moment que le logbook devrait être complété. Mais après plusieurs heures au bloc, parfois plusieurs interventions successives, la saisie rétrospective devient une tâche administrative ingrate.

C’est à cet instant que surgit la tension entre deux mondes. D’un côté, la complexité croissante des interventions (implants spécifiques, techniques de neurochirurgie, imagerie) et de l’autre, des outils de saisie déconnectés du geste médical.

Cette tâche administrative est régulièrement repoussée, effectuée rapidement ou complétée à partir de souvenirs et de documents dispersés. Cette manière de procéder peut alors entraîner des oublis, des erreurs ou un manque de cohérence. Les conséquences se répercutent différemment sur l’ensemble des acteurs concernés. »

  • Pour le chirurgien
    Une carrière mal documentée ou une formation fractionnée. Le logbook (document obligatoire) reflète l’évolution au cours de la formation et conditionne l’accès au titre de spécialiste.
  • Pour l’hôpital
    Sans une vue consolidée sur les compétences réelles (qui a réalisé quoi et avec quelle fréquence), la supervision des jeunes chirurgiens, la planification des blocs opératoires restent empiriques.
  • Pour la qualité de la donnée
    Une information renseignée après coup, non structurée, est une information perdue pour l’analyse statistique ou la recherche clinique, alors même que la traçabilité est désormais une exigence réglementaire (MDR 2025)
  • Pour la confidentialité
    L’utilisation de canaux non sécurisés pour stocker des images médicales expose les praticiens et les hôpitaux à des risques juridiques.

C’est cette réalité qui a guidé la conception de SurgeID. L’équipe projet n’a pas demandé au chirurgien de s’adapter à un logiciel. Elle a voulu concevoir l’outil autour de son quotidien.

Un outil pensé pour le quotidien du chirurgien

Un outil pensé pour le quotidien du chirurgien

Un outil pensé pour le quotidien du chirurgien

 


Pourquoi une application mobile ?

Le choix du mobile découle directement des contraintes expliquées précédemment.
Le chirurgien ne travaille pas devant un ordinateur toute la journée. Il se déplace entre les salles d’opération, les consultations et parfois plusieurs établissements. Le mobile est le seul outil qu’il peut avoir avec lui en permanence, en dehors du champ stérile.

SurgeID permet ainsi de capturer l’information au moment le plus pertinent, sans perturber l’intervention, puis de la structurer automatiquement pour les usages qui viennent ensuite.

L’objectif est simple : moins de deux minutes pour documenter une intervention, sans transformer le chirurgien en opérateur de saisie.

Certaines fonctionnalités destinée à du personnel derrière un ordinateur fixe sont également accessible via une version web.

 


Nos arbitrages et décisions clés

En pratique, la conception de SurgeID a nécessité de trancher des arbitrages complexes entre ergonomie de terrain et rigueur technique.

1. Numériser l’existant… mais pour quel bénéfice ?

L’erreur courante dans ce type de projet est de vouloir simplement reproduire le formulaire papier (initialement sur Excel ou Word) dans une application. Ces projets aboutissent souvent au même constat : beaucoup de moyen pour perdre l’adoption dès les premiers essais client. Il est clair qu’une solution de ce type n’aurait pas permis d’améliorer la situation.

Pour permettre de dépasser cette simple numérisation, SurgeID a su déplacer la valeur. Elle ne se trouve plus dans la saisie, mais dans ce que l’application fait des données :

  • Génération automatique, toujours à jour, d’un logbook digital. Il est évidemment exportable au format attendu.
  • Mesure et suivi de la progression, intervention après intervention, en route in fine vers la certification FMH (système de « magic points »).
  • Dashboard de planification pour les chefs de service et responsables de formation.
  • Catalogue de données structurées et de qualité qui permet une recherche immédiatement exploitable en registre, sans double saisie ni ressaisie rétrospective.

Un outil digital ne doit pas être une charge de travail supplémentaire. Surge ID est un catalyseur qui simplifie une obligation légale pour en faire un levier de carrière.

2. Concilier simplicité d’utilisation et qualité des données

Un chirurgien ne peut pas remplir de longs formulaires au bloc opératoire. Quant aux données en texte libre, elles sont peu exploitables en analyse. L’arbitrage a consisté à privilégier une capture multimédia : voix, photo, vidéo. En imposant un schéma d’entrée de log prédéfini, construit avec des chirurgiens en amont (pré-remplissage du log) et en aval (transcription par IA). L’impact est double :

  1. Une réduction significative du temps de documentation pour le chirurgien,
  2. La garantie d’une donnée finale « propre » qui peut ainsi être intégrée dans un dashboard de pilotage ou dans un dossier de certification FMH.

3. Security by Design : rendre les données accessibles sans compromettre leur sécurité

Le choix de Flutter pour le développement mobile et web a permis d’unifier l’expérience utilisateur. Cependant, cette accessibilité ne devait pas compromettre la sécurité. Le risque d’avoir une fuite de données sur une plateforme SaaS centralisée n’était pas imaginable.

L’arbitrage technique a porté sur une infrastructure encryptée end-to-end où la visibilité est strictement segmentée par intervention, par chirurgien et par établissement.
Ce cloisonnement sécurisé a été conçu en respectant les standards nLPD et RGPD. Un accompagnement juridique externe, spécialisé en protection des données de santé, a permis d’assurer une conformité qui dépasse même les standards européens.

En clair un log créé dans l’hôpital X n’est pas visible par l’hôpital Y.

L’alliance de l’ergonomie terrain et de la rigueur technique

L’alliance de l’ergonomie terrain et de la rigueur technique

L’alliance de l’ergonomie terrain et de la rigueur technique


L’approche Apptitude : business, design, tech

SurgeID est un bon exemple du type de projets que nous aimons particulièrement accompagner : des sujets complexes, où la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité de l’interface ou de la technologie, mais de la capacité à faire dialoguer enjeux métier, expérience utilisateur et architecture logicielle.

Notre intervention a couvert l’ensemble du cycle, de la compréhension du modèle métier à la conception UX/UI et au développement de la plateforme. Cette continuité nous permet d’éviter une approche en silos, où la stratégie est définie d’un côté, le produit conçu de l’autre et la technologie choisie dans un troisième temps.

Pour SurgeID, cette approche a permis de faire évoluer simultanément le produit et ses fondations techniques, à mesure que nous affinions notre compréhension des usages, des contraintes hospitalières et des perspectives de déploiement.

C’est cette capacité à relier business, design et tech qui nous permet d’accompagner des produits complexes, notamment lorsque la donnée, les contraintes métier et la sécurité deviennent des éléments structurants du produit.


Faire du logbook un outil utile aux chirurgiens et aux hôpitaux

Avec son produit SurgeID, Medical AI SA ne s’est pas contenté de remplacer le papier. Ils ont posés les jalons d’un standard suisse et européen pour la chirurgie. En optant pour une sécurité sans concession et une structure de données stricte, l’application mobile transforme la contrainte administrative de la donnée opératoire en un outil stratégique pour le chirurgien, l’hôpital et la recherche.

Et si le digital vous permettait, vous aussi, de faire évoluer les standards de votre secteur ?

Vous avez identifié une opportunité de transformation ou souhaitez aller plus loin dans votre réflexion ? Échangeons sur votre projet et explorons ensemble les leviers qui pourraient faire la différence.