Le digital prend une place centrale dans le soin
Les plateformes et apps santé se sont multipliées à grande vitesse. Suivi patient, coordination des soins, outils métiers pour les soignants, solutions de soins à domicile. Le logiciel n’est plus un simple support administratif. Il participe directement au parcours de soins, aux pratiques professionnelles et à l’expérience des patients. Dans ce contexte, la qualité de l’expérience utilisateur n’est plus un confort, mais une condition de fiabilité, d’adoption et de qualité des soins.
Avec SurgeID, l’app devient un compagnon de pratique, pas un simple outil administratif
Nous avons conçu la solution pour accompagner les chirurgiens au long de leur parcours : de la formation initiale à l’exercice FMH, en passant par le suivi de chaque intervention et des crédits académiques. Un support pour documenter, progresser et s’améliorer dans la pratique individuelle comme dans le travail en équipe.
Des interfaces qui n’ont pas droit à l’erreur
Contrairement aux produits grand public, ces systèmes ne cherchent pas à capter de l’attention. Ils doivent s’intégrer dans des pratiques existantes, parfois lourdes, parfois critiques. Une expérience mal conçue ne fait pas seulement perdre du temps. Elle complique le travail, crée de la friction et peut décourager l’usage et nuire aux soins.
C’est pour cela que l’UX dans la santé est un sujet à part. Les utilisateurs sont multiples, les contextes contraints et les règles nombreuses. Le design doit composer avec le métier, la réglementation médicale et la technique, parfois même avec des utilisateurs réticents et sans jamais perdre de vue l’essentiel. Faire en sorte que l’outil soit compris, utilisables, adoptés et utilisé dans la durée.
Interface pour le laboratoire ICC d’analyses médicales et toxicologiques

Chaque résultat affiché devait contribuer à un diagnostic, orienter un traitement, ou servir de base à un rapport judiciaire ou de médecine légale. Dans ces conditions, nous avons travaillé sans laisser place à l’approximation.
Créer des routines, pas de la friction
En santé, les applications numériques prennent des formes très différentes. Ils peuvent être des outils de travail utilisés plusieurs fois par jour par des soignants, des outils d’aide à la décision pour les médecins et scientifiques, ou des outils de support et de suivi pour les patients par exemple. Dans tous les cas, leur valeur se mesure à leur capacité à s’intégrer dans les pratiques de soins au quotidien.
Une bonne UX ne se limite donc pas à l’usabilité. Elle doit accompagner des gestes répétés. Saisir une donnée après une consultation, renseigner des PROMs pour suivre l’évolution perçue par le patient, vérifier une série d’indicateurs avant une décision médicale, suivre un protocole ou un traitement au fil du temps. L’adoption se construit par la répétition et la cohérence. Des parcours simples, une logique stable d’un écran à l’autre, des feedbacks explicites qui confirment que l’action a bien été prise en compte. Chez Apptitude, on conçoit des interfaces qui aident à installer ces routines, afin que les applications soutiennent le soin au quotidien, sans jamais le compliquer.
Application mobile HeartCare pour le suivi de l’hypertension

Plus le patient renseigne régulièrement ses données, plus l’équipe médicale peut ajuster finement le traitement. Le travail d’UX a joué un rôle clé pour encourager la saisie et la récurrence, grâce à des patterns discrets comme la visualisation de progression ou des feedbacks encourageants.
Concevoir des écrans clairs, même quand la donnée est dense
En santé, le soin repose sur beaucoup de données. Données médicales, historiques, alertes, statuts, résultats. Les saisir correctement pour ensuite permettre de les lire et les interpréter fait partie du quotidien. Les PROMs, par exemple, apportent un éclairage précieux sur l’expérience vécue par le patient. Encore faut-il que leur collecte soit pensée pour être compréhensible, non intrusive et soutenable dans le temps. Le risque est de vouloir tout montrer, tout le temps, et de décourager à la fois la saisie et la compréhension.
Trop de données affichées finissent par masquer ce qui est réellement utile à la décision. Aussi, la clarté ne se joue pas uniquement à l’écran. Elle commence en amont, par une vraie compréhension des infos à afficher. À quoi servent-elles. Qui les utilise. À quel moment du parcours. Chez Apptitude, on travaille avec les professionnels pour sélectionner ce qui est réellement utile, et ainsi éviter d’exposer des informations sans valeur immédiate.
La mise en page vient ensuite renforcer cette logique. Hiérarchiser, regrouper, créer des niveaux de lecture. Afficher l’essentiel en premier, proposer le détail à la demande. Résultat, des écrans plus calmes, des décisions plus rapides et des données de meilleure qualité dans le temps.
Plateforme domo.health pour les soignants à domicile et les proches aidants

La vue calendrier permet de planifier les tournées à partir des soins à réaliser, des disponibilités et des temps de déplacement. Une interface dense, avec beaucoup d’informations à saisir et à croiser, où la clarté conditionne directement l’efficacité sur le terrain.
Quand le contexte ne fait pas de cadeau
Les outils santé sont conçus pour être utilisés dans la vraie vie, pas dans un environnement parfait. Ils sont utilisés par des personnes qui peuvent être fatiguées, stressées, de tous âges parfois en situation de handicap temporaire ou permanent. Souvent aussi dans des conditions d’usage dégradés. Mobilité, faible luminosité, écrans de qualité moyenne, gants et lunettes de protection. Autant de situations où un écran peu lisible devient rapidement un problème.
Chez Apptitude, nous le prenons en compte et le travaillons dès les premières maquettes : des contrastes suffisants, des tailles de texte lisibles par défaut, des états interactifs visibles, des zones cliquables adaptées, ou encore des interfaces compréhensibles sans dépendre uniquement de la couleur. Au final, ces choix profitent bien au-delà des cas spécifiques. Un écran accessible est plus robuste, plus confortable pour tous.
IHM de support et de gestion d’alertes du robot chirurgien Dexter

Environnement ultra-contraint : le chirurgien se tient face à un écran de visualisation suspendu, en champ stérile, avec lunettes 3D et 2 paires de gants en latex, IHM protégé par un film plastique. Les choix de design sont donc cruciaux.
L’UX devait rester lisible, fiable et immédiatement compréhensible, car chaque détail peut faire la différence quand une alerte système survient.
Tester pour sécuriser, pas pour cocher une case
Dans le cadre des dispositifs médicaux certifiés, les tests utilisateurs ne sont pas une option. Les normes comme l’IEC 62366, dédiée à l’ingénierie d’utilisabilité et aux facteurs humains, imposent de démontrer que l’interface peut être utilisée de manière sûre et efficace par les utilisateurs prévus, dans leurs conditions réelles d’usage.
Au-delà de l’exigence réglementaire, ces tests sont un outil clé de conception. Observer les usages, repérer les incompréhensions ou les hésitations permet d’identifier des risques invisibles sur une maquette. Chez Apptitude, nous abordons les tests utilisateurs comme un levier de sécurité et de qualité, pas comme une simple étape de validation. Ils nourrissent les choix de design, guident les priorités et permettent d’itérer sur l’interface avant qu’un problème n’apparaisse en situation réelle. Dans un contexte où les marges d’erreur sont faibles, tester, c’est avant tout prendre soin de l’usage.
Anticiper la pénurie de lits aux CHVR

Conçue pour anticiper la pénurie de lits, la plateforme propose aux équipes des hôpitaux du Valais de visualiser en temps réel l’occupation des lits au sein des services afin de les attribuer au mieux possible. Les tests utilisateurs menés avec le personnel hospitalier ont permis d’ajuster les parcours, les priorités d’affichage et les interactions, afin de garantir des décisions éclairées dans un contexte multi-sites (5 hôpitaux, plus de 850 lits, 40’000 patients hospitalisés par an).
Le soin est aussi dans les détails
Ce sont souvent les micro-détails qui font la qualité perçue d’un outil. Messages d’erreur compréhensibles et actionnables, feedbacks immédiats après une action, qu’il s’agisse d’un chargement, d’une validation ou d’un échec. Libellés clairs, vocabulaire métier juste, validé avec le terrain. Ces éléments évitent les doutes, les hésitations et les contournements.
Pris séparément, ces détails peuvent sembler mineurs. Ensemble, ils font une vraie différence. Moins de frustration, plus de confiance dans la solution. Une relation qui se construit jour après jour, au rythme des usages et du soin.
IHM du dispositif médical de lithotripsie LaserClast35 d’EMS

Dans la conception de cette interface, chaque détail comptait : microcopie précise, états clairement différenciés (ready, en cours, erreur) et feedbacks immédiats à chaque action. Un soin particulier a aussi été porté aux icônes, pour rendre lisibles les différents modes de puissance sans surcharge cognitive.
L’UX devait également composer avec des interactions mixtes, combinant interface écran et éléments physiques du dispositif, comme le dispositif-manette et les pédales de commande. Le design devait garantir une cohérence claire entre l’action physique, l’état du système et le retour visuel à l’écran, afin d’éviter toute ambiguïté en situation opératoire.
Jusqu’où le design peut aider
Toutefois, en santé comme dans d’autres contextes, l’adoption n’est pas toujours un choix. Certains outils sont imposés, d’autres adoptés par obligation réglementaire ou organisationnelle. Dans ces situations, la qualité de l’UX ne garantit pas l’adhésion, mais elle devient d’autant plus essentielle pour limiter les efforts inutiles, les erreurs et la fatigue des utilisateurs.
Le design peut faciliter l’usage, mais il ne résout pas à lui seul les résistances, la perte de repères ou la crainte de perdre le contrôle. Concevoir pour la santé, c’est accepter cette réalité.
Application mobile pour le suivi patient dans son traitement contre le cancer

L’interface n’a pas vocation à soigner ni à recommander, mais à accompagner au quotidien. Notre travail de designer a consisté à aider à suivre et à comprendre, sans juger ni évaluer la performance d’un traitement. Encourager la régularité et la clarté, réduire les frictions inutiles, pour laisser la place à ce qui compte vraiment.
Ce que le soin change dans notre façon de designer
En santé, le bon design n’est pas celui qu’on remarque. C’est celui qui permet aux autres de faire leur travail, sans s’imposer. La santé est un domaine où le design a un impact réel, tangible, humain. Les dispositifs que l’on conçoit ne sont pas accessoires. Ils influencent des gestes, des décisions, des relations. Et parfois, ils accompagnent des moments sensibles.
Concevoir pour le soin, c’est prendre une responsabilité particulière. Celle de ne pas compliquer, de ne pas distraire, de ne pas ajouter de la surcharge là où il y en a déjà assez. Cela commence par une compréhension réelle des enjeux, des usages et des contextes d’utilisation. Le design doit rester à sa place, au service de l’usage.
Chez Apptitude, ce qui nous anime dans ces projets, c’est de créer des outils discrets et solides. Des interfaces qui s’effacent, quand il le faut, pour laisser la place à l’essentiel : le soin, les professionnels, les patients et la relation qui se construit autour.
Vous pouvez découvrir cette approche à travers les projets présentés dans notre portfolio de projets dans la santé et le bien-être.



